L’ AI , notre futur Terminator? 0

Article écrit et publié par: Éric St-Gelais
Source: Agence France-Presse Paris /La presse 
PHOTO À LA UNE: ©JOCHEN LUEBKE, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

L’ AI (intelligence artificielle) pourrait menacer  plus vite que l’on croit l’Humanité: il ne s’agit pas simplement d’un film fantastique et de science-fiction, mais d’une réelle prédiction du célèbre physicien Stephen Hawking, qui remet le débat sur la place publique en parlant du risque de voir l’homme dépassé par ses propres technologies qu’il a lui-même fait naître et créées.

Intérogés par l’AFP, futurologues, anthropologues et experts en AI se montrent partagés sur les craintes de monsieur Hawking.

Les peurs et les craintes d’un homme apprenti sorcier sont anciennes et elles ont nourri beaucoup de romans de science-fiction et des films comme 2001: Odyssée de l’espace avec son ordinateur meurtrier Hal 9000 et plus récemment le « Terminator« , le robot exterminateur créer par une autre machine.

Mais de nos jour, c’est un astrophysicien très renommé et  respecté, le Britannique Stephen Hawking, qui lance un pavé dans la carré de sable. Cet homme, atteint d’une dystrophie neuromusculaire, s’exprime grâce à un ordinateur conçu spéciallement pour lui.

«Les formes primitives d’intelligence artificielle que nous avons déjà se sont montrées extrêmement utiles», reconnaît Hawking. «Mais je pense que le développement d’une intelligence artificielle complète pourrait mettre fin à la race humaine», a-t-il déclaré cette semaine à la chaîne de télévision et de communication BBC.

Déjà, le milliardaire Elon Musk avait expliqué avoir misé et investi son argent dans des sociétés de l’AI (intelligence artificielle) pour «suivre les activités» sur ce qui se passe dans le domaine de l’AI. «Nous devons être certain que les conséquences de ces recherches sont bonnes et non mauvaises pour nous tous», mentionne t’il .

«Cela me fait plaisir qu’un scientifique des «Sciences dures» dise ceci et de cette manière. Je le dis depuis des années moi-même, déclare Daniela Cerqui, anthropologue à l’université de Lausanne.

«Nous déléguons à nos machines de plus en plus de prérogatives, de tâches, de responsabilités, quirevienne normalement à l’humain, afin qu’elles soient plus efficaceset plus performantes que nous. On finira en esclave », selon cette femme anthropologue.

dans un autre sens, Jean-Gabriel Ganascia, philosophe et expert en AI, juge «excessif» le «cri d’alarme» de Hawking.

«Le danger, c’est davantage l’homme qui se servirait de ces technologies pour asservir» d’autres humains, considère ce professeur à l’Université Pierre-et-Marie-Curie à Paris.

Développer une intelligence artificielle «amicale»

Nick Bostrom, futurologue à l’Université d’Oxford, affirme que «la machine intelligente parviendra à dépasser l’intelligence biologique. Il y aura alors beaucoup de risques existentiels liés à cette transition».

«Les machines sont déjà plus fortes que nous. Je pense qu’elles finiront aussi par devenir plus intelligentes, même si ce n’est pas le cas actuellement», dit-il simplement.

Depuis déjà quelques années, d’immenses progrès ont été faits dans le domaine de l’intelligence artificielle, en tant que capacité à traiter, à analyser des données et à répondre à des questions.

Mais nous sommes «encore loin» de l’AI générale «complète», qui inquiète tant M.Stephen Hawking, souligne Anthony Cohn, professeur à l’université de Leeds (centre du Royaume-Uni). «Il faudra encore plusieurs décennies.»

Mathieu Lafourcade, spécialiste enAI et en traitement et analyse du langage à l’Université de Montpellier, juge «alarmiste» l’avertissement du physicien.

Mais il affirme que «dans un futur hypothétique», nous devrons peut-être «s’en remettre» dans plusieurss domaines aux machines, car leurs capacités intellectuelleset leurs facilités aux calculs auront largement dépassé les nôtres. «La machine nous proposera une solution que nous ne serons pas à même de comprendre, mais il faudra lui faire confiance»,voici un exemple préci, si une machine nous recommande des mesures contre le réchauffement climatique, considère-t-il.

«Cependant, si la machine débloque ou devient folle, il faudra se réserver la possibilité de la débrancher comme un humain en fin de parcours», affirme-t-il.

Stuart Armstrong, futurologue à l’université d’Oxford, dit que «les incertitudes sur le développement de l’intelligence artificielle sont extrêmes».

«Le hic, c’est qu’il est difficile de programmer des objectifsprécis et compatibles avec la dignité voire la survie de l’Humanité», dit-il.

«Il faudrait programmer presque toutes les valeurs humaines parfaitement dans l’ordinateur afin d’éviter que l’  AI n’interprète «éradique la maladie» comme «tue tout le monde» ou bien «garde les humains sains et saufs et contents» comme «enterre tout le monde dans des bunkers avec de l’héroïne»».

«Il faut que les ingénieurs et les savants prennent out ces problèmes au sérieux et regardent pour des solutionsafin de développer une AI «amicale», et entièrement et pleinement compatible avec nos propres valeurs», considère-t-il.