Facebook : les nouvelles sont-elles vraies ou fausses ?? 0

Article écrit et publié par : Éric St-Gelais

 Source :Washington Post, Radio Canada, http//www.sciencepresse.qc.ca/  https://www.theguardian.com,  http://gizmodo.com, http://branchez-vous.com/,  Buizzfeed.com, Ending The Fed, Huffington Post, La presse .ca

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Facebook favorise-t ‘il les fausses nouvelles??

Facebook a mis à pied, le 26 août dernier, des gens spécialement chargés de faire le tri dans les fils d’actualité et de nouvelles, le média social organiset ce, encore plus qu’avant  les légendes urbaines et les fausses  informations.

Facebook

C’est ce que démontre clairement le résultat d’une expérience non scientifique menée par des journalistes du Washington Post : entre le 31 août et le 22 septembre 2016, ils ont ciblé 5 histoires devenues virales qui étaient « carrément et indéniablement fausses » et  3 autres qui étaient «  asbsolument et profondément absurde et inexactes ». Ces informations ou communiqués de presse, affirment-ils, de même que les articles promotionnels de sites comme iTunes, auraient également tendance à « publier » plus souvent dans les fils des nouvelles. Et de plus, ils n’ont mené leurs observations que seulement et pendant les heures d’affaires..

Tout ça, va dans la direction que ce que d’autres professionnels de la nouvelles et de vrais journalistes avaient souligné dès la première fin de semaine suivant la restructuration de leur fil d’actualité : l’algorithme de Facebook avait alors fait fortement monter dans les « tendances » (trending topics seulement dans la page version anglophone de Facebook) au moins 3 de ces histoires fausses et farfelues, dont 2 concernant de grandes vedettes de la télé américaine. Ce que Facebook affirmait, c’est que  le but de ce remplacement d’employés par un algorithme était de rendre le fil de nouvelles de Facebook plus « neutre », mon oeil !!! Particulièrement en cette saison électorale aux États-Unis


Les fausses nouvelles plus souvent plus populaires que les vraies sur Facebook

Les fausses nouvelles plus populaires que les vraies sur Facebook

Les fausses nouvelles plus populaires que les vraies sur Facebook

Sur Facebook, les fausses nouvelles ont été  beaucoup plus populaires que les vraies et réelles infos durant les 3 derniers mois précédant l’élection de  Donald Trunp, selon une analyse sérieuse et scientifique du site « BuzzFeed.com « . Cette situation en inquiète grandement plusieurs, dont le président Obama lui-même, qui a abordé cette question durant la dernière semaine lors de son passage à Berlin.

Le 26 septembre dernier, un statut sur une page Facebook-** Ending The Fed** affirmait d’une manière qui semblait sérieuse que  » Le pape François endossait la candidature de Donald Trump dans la course à la présidence des États-Unis. » Certe, c’était entièrement et carrément faux et sans fondement, mais cette publication ainsi été partagée plus de 67 000 fois par les facebookers.

Toujours selon cette même analyse du site « BuzzFeed.com », il s’agirait cependant  de la publication et l’article de nouvelle le plus partagé parmi toutes les autres (vraies ou fausses inclusivement) dans les 3 derniers mois avant l’élection de Donald Trump. L’article lui-même a récolté au-delà  de 960 000 mentions j’aime, commentaires ou partages. De plus, ses auteurs sont particulièrement efficaces dans ce type de publication. La page  est responsable de 4 /10  des fausses nouvelles et publications les plus partagées et commentées par les facebookers pendant ces 3  mêmes mois.

C’est effectivement le triste constat et triste réalité constatée et qui ressort de  cette analyse deffectué par «  BuzzFeed.com » ces fausses nouvelles entourant cette élection américaine ont généré sur Facebook un taux d’engagement  et de participation plus élevé que les vraies et réelles infos nouvelles des médias officiels comme le New York Times, le Washington Post, NBC News, CBC New , Québécor Média , La presse Canadienne et  bien d’autre agences de nouvelle sérieuses.

Durant la dernier droit  avant le scrutin, les vingt(20) canulars les plus influents ont généré 8 711 000 partages, réactions ou commentaires sur Facebook. Pendant tout ce temps, les vingt(20) articles les plus populaires de 19 sites de médias officiels ont généré un total de 7 367 000 partages, réactions ou commentaires sur Facebook. 

Et il faut remonter jusqu’au mois de février 2016 pour trouver la nouvelle la plus populaire d’un média reconnu.  AYOYE !!!


Pro-Trump ou pro-Clinton sur Facebook?

Le plus inquiétant, c’est qu’avant cette période  des 3 derniers mois avant cette élection, le contenu des médias atteignait plus d’utilisateurs que celui des générateurs de faussetés sur Facebook. Mais plus le scrutin approchait, plus la tendance se renversait. La vraie et réelle infos la plus populaire dans les 3 derniers mois avant le scrutin a été publiée par le Washington Post, avec 876 000 interactions. De son côté, le site Ending The Fed(site de fausses nouvelles et de canulars), lancé seulement quelques semaines avant le même scrutin, a récolté un auditoire de lecteurs beaucoup plus vaste (avec son canular et histoire du pape) pendant la même période.

Ces 2 fausses infos des plus populaires concernaient l’endossement de Trump par le pape et la vente d’armement à Daech par Clinton. En fait, à part deux canulars défavorables à Trump, la plupart lui étaient avantageux.

Cependant, Mark Zuckerberg  nie toutes accusations qui voudraient  lui faire porter le chapeau des résultats à l’issue des élections. Sur un statut sur son réseau, il  affirma que 99 % du contenu journalistique était authentique. Seule une infime proportion des nouvelles était fausse.  Toujours selon ses dires, ces canulars n’étaient pas limités à un seul camp et ne favorisait aucun camp en particulier ni même à la politique. Enfin bref, pour Mark Zuckerberg, il est possiblement peu probable que ces faussetés  qui ont voyagé  et navigué.sur Facebook aient eu une quelconque influence sur le résultat du scrutin.

Le voyage d’un mensonge

Que Mark Zuckerberg ait raison ou tort,  simplement le fait que des faussetés ont pu avoir sur le publis et son opinion, une telle portée est inquiétant. Dans cet article de BuzzFeed.com, le  renommé professeur en sciences politiques du Dartmouth College Brendan Nyhan  affirme que Facebook devrait éviter et lutter, par tous les moyens possibles, contre la désinformation et désactiver les mécanismes qui pourraient l’amplifier comme ce fut le cas lors de cette élection.

Récemment, le Huffington Post  a clairement démontré la facilité déconcertante avec laquelle une fausse nouvelles dite canular pouvait facilement et aisément se propager. Ce média en ligne a  déjà publié cet article avec le titre suivant : « Bernie Sanders pourrait remplacer Trump grâce à une faille méconnue ». En fait, en prenant la peine de lire  cet article, ce que la majorité des facebookers ne font pas, on pouvait y lire qu’on demandait aux gens de vérifier et de valider les faits avant de partager un texte. Ça n’a pas été du tout le cas pour  un grand nombre de lecteurs presque la majorité en fait, puisque la publication a été relayée 60 000 fois sur 74 000 membres n’ayant même pas lu le contenu.

Dans un article du Washington Post, le fabricant de fausses nouvelles en série, Paul Horner, affirme que la circulation de fausses nouvelles a de beaucoup aidé à l’élection de Trump. Ses même canulars étaient constamment repris par plusieurs supporters du camp Donald Trump.

Certe, Facebook n’a surtout pas inventé la fausse nouvelle ou le canular, dont l’avènement remonte jusqu’au 19ième siècle.

En 1835, un journal new yorkais  » The New York Sun » avait  carrément publié  dans plusieurs éditons une série de six articles qui détaillaient la découverte d’êtres vivants sur la Lune. Et ce genre de canulars a été payant pour ce journal qui a triplé son tirage. Le journal avait  grandement augmenté ses ventes grâce à ce canular.

Ainsi, Facebook, avec ses de 2 milliards d’abonnés, vient absolument de changer la donne et  peut favoriser, selon plusieurs, la propagation de faussetés grâce à ses algorithmes qui augmentent favorablement la visibilité d’une histoire vraie ou fausses selon le taux d’engagement qu’elle  peut susciter et inspirer.

Maintenant , nous faisons quoi avec ce phénomène?

Certe, nous pouvons facilement rapporter les faussetés et canulars lorsque nous les détectons. Mais cela peut prendre beaucoup de temps et d’efforts, et les résultats peuvent tarder a venir  et bien souvent il est déjà trop tard.
L’espoir se trouve peut-être ailleurs, notamment dans l’acquisition de l’entreprise Crowdtangle par Facebook, qui permet de visualiser concrètement de quelles façons une publication se propagera. Plusieurs souhaitent qu’en apercevant l’évolution d’une nouvelle vraie ou fausse, on pourra flairer et retirer plus facilement une fausseté de fil d’actualité.

Cependant le déploiement de cette technologie,  par un groupe d’employés de Facebook est présentement non officiel. Il semble que si Mark Zuckerberg n’apparait pas préoccupé par cette fâcheuse situation, certains de ses employés ne sont pas du même avis que lui.

Les "hoax"ont suscité un million de partages, réactions ou commentaires supplémentaires par rapport aux vraies informations.

Les « Hoax »ont suscité un million de partages, réactions ou commentaires supplémentaires par rapport aux vraies informations.

Sur Facebook, les faussetés  ont bien reçu plus de succès que les vrais articles pendant les 3 derniers mois avant l’élection de Donald Trump

Fausses nouvelles

Les « hoax » ont suscité  plus d’un million de partages, réactions ou commentaires supplémentaires par rapport aux vraies et réelles

 

Les 20 articles les mieux classés de sites d'informations sérieux comme le New York Times, le Washington Post ou nos collègues américains du Huffington Post arrivent seulement à environ 7,4 millions, comme le montre le graphique ci-dessous.

Les 20 articles les mieux classés de sites d’informations sérieux comme le New York Times, le Washington Post ou nos collègues américains du Huffington Post arrivent seulement à environ 7,4 millions, comme le montre le graphique ci-dessous.

Facebook et Google expulse les sites de fausses nouvelles de leurs réseaux publicitaire

À la suite des multiples critiques alléguant que leurs réseau a été en grande partie responsable du résultat  surprenant des élections américaines de la semaine dernière, Facebook et Google ont pris des mesures, dès cette semaine,afin de mettre des bâtons dans les roues de tout ces sites spécialisés (Hoax) dans la circulation de faussetés, canulars et appâts à clics.

«À l’avenir, nous allons limiter les publicités sur les pages qui dénaturent ou masquent les informations sur l’éditeur, ses contenus ou le but premier du propriétaire du site.»

«Nous travaillons présentement à une mise à jour de nos politiques de publication sur nos contenus et nous allons interdire  tous les publicités de Google sur les contenus trompeurs ou canulars, de la même façon que nous interdisons les publicités mensongères»,

a affirmé un porte-parole de Google au sujet des conditions d’utilisation d’AdSense.

«À l’avenir, nous allons restreindre les publicités sur les pages qui dénaturent ou masquent les informations sur l’éditeur, ses contenus ou le but premier du propriétaire du site.»

Facebook a aussi décidé d’utiliser le même astuce en ce qui a trait à son service Audience Network, qui est aussi utilisé par des tiers partis afin d’afficher de la publicité en dehors de sa plateforme en échange de lucratifs revenus.

«Nous n’intégrons pas ou ne montrons pas de publicités dans des applications ou des sites dont le contenu est illégal, trompeur ou mensonger, ce qui inclut les fausses informations», a souligné Facebook.

«C’était jusqu’à présent sous-entendu, mais nous avons mis à jour notre politique pour clairement exprimer que cela concerne les fausses nouvelles. Notre équipe va continuer à surveiller tous les éditeurs potentiels et surveiller ceux qui existent pour s’assurer qu’ils suivent ces directives.»

La désinformation pas juste l’apanage de TVA à l’ère des médias sociaux

Alors que les billets aux titres erronés sensationnalistes et souvent trompeurs gagnent en popularité ces derniers temps, ils se propagent à une vitesse exponentielle dans le contexte de la dernière course à l’investiture des 2 principaux partis politiques américains dans la dernière année, et encore beaucoup plus depuis la récente campagne électorale pour le scrutin du dernier mois.

Depuis une semaine encore, les internautes qui faisaient une recherche sur le nom  Donald Trump sur  Google tombaient encore sur des faussetés alléguant que ce dernier avait gagné le vote populaire, le pourcentage des votant en sa faveur (ce qui est complèetement faux) en plus de sa victoire auprès des grands électeurs. D’autres billets faisant croire  aussi qu’Hilary Clinton appelait «à la guerre civile si Trump était élu» ou que le pape François soutenait Trump ont également beaucoup circulé sur les réseaux sociaux, souvent par des personnes croyant en leur authenticité.

Certains médias ont tenté de sensibiliser la population au phénomène, dont le Huffington Post avec un article volontairement trompeur intitulé : «Bernie Sanders pourrait remplacer le président Trump grâce à cette brèche légale peu connue».

L’animateur de Last Week Tonight, John Oliver, a également consacré une bonne partie de sa plus récente émission à une théorie voulant que la propagation de ce genre de nouvelles ait pu avoir atténué l’impact de véritables scandales liés à Trump ayant été rapporté pendant la campagne présidentielle.